42 ans après l’officialisation de la Journée Internationale des Femmes, revue de détail du club très sélect et très restreint de la poignée de femmes au pouvoir aujourd’hui dans le monde
En 2019,la politique est encore (trop) souvent une affaire d’hommes. Le leadership des femmes et leur participation à la vie politique sont partout menacés dans le monde : tel est le constat effectué par l’Organisation des Nations Unies (ONU) qui note qu’elles sont sous-représentées, aussi bien commeélectrices que dans lesfonctions dirigeantes. Et ce, "malgré leurscompétences maintes fois démontrées et en dépit de leur droit de participer en toute égalité à la gouvernance démocratique".
La France à la traîne
Si l’Europe est la région du globe la plus exemplaireen la matière, sans compter les reines cheffes d’Etat, qu’elles soient du Royaume-Uni, des Pays-Bas ou du Danemark, laFrance est loin de remporter la palme des femmes dirigeantes. L’Hexagone n’a eu dans son histoire qu’une seule Première ministre, Edith Cresson (PS), et ce très brièvement, du 15 mai 1991 au 2 avril 1992. Et, à ce jour, aucune femme présidente de la République.
Sur les cinq continents, le monde ne compte encore que 21 femmes au pouvoir, cheffes d’Etat ou de gouvernement. Souvent pionnières, elles sont parvenues à franchir "le plafond de verre" et à présider au destin de leur pays. Deux d’entre elles ont été récompensées par la récompense internationale la plus prestigieuse, le prix Nobel de la paix,
Europe : Huit dirigeantes sur 48 pays
Angela Merkel, 62 ans (Allemagne)
Première femme à présider, en 2000, son parti, l’Union chrétienne-démocrate (CDU), Angela Merkel a été élue chancelière de la République allemande pour la première fois en 2005, avant d’être réélue en 2009 puis en 2013. Née dans l’ex-Allemagne de l’Est, cette fille de pasteur, physicienne de formation, est la première femme à occuper ce poste dans son pays. Réélue présidente de son parti la CDU avec 89,5 % des voix, en décembre 2016, elle est candidate pour la troisième fois à sa propre succession.
Depuis 2006, le magazine Forbes l’a désignée à dix reprisesfemme la plus puissante du monde… Elle est aussi largement perçue comme la personnalité politique la plus importante et la plus puissante de l’Union européenne.
Theresa May, 60 ans (Royaume-Uni)
Seconde femme nomméecheffe du gouvernement britannique aprèsMargaret Thatcher, "la Dame de fer", la nouvelle hôte du 10 Downing Street, a étéla première femme élue à la tête du Parti conservateur en 2002. Nommée ministre de l’Intérieur après la victoire de David Cameron en 2010, elle a succédé à ce dernier, démissionnaire après le Brexit, le 13 juillet 2016.
Nicola Ferguson Sturgeon, 46 ans (Ecosse)
Juriste de formation, pro-européenne et cheffe du Parti national écossais (SNP) depuis le 14 novembre 2014, elle est devenue la première femme Première ministre d’Ecosse le 20 novembre de la même année.
Kolinda Grabar-Kitarović, 48 ans (Croatie)
Première femme devenueprésidente de Croatie, le 18 février 2015, membre de l’Union démocratique croate, son élection a créé la surprise, face au président sortant, Ivo Josipović, donné largement gagnant.
Beata Szydlo, 53 ans (Pologne)
Présidente du Conseil des ministres de Pologne depuis 2015, elle a succédé à une autre femme à ce poste, Ewa Kopacz (2014 à 2015). Députée à la Diète de la République de Pologne depuis 2005, elle a été nommée vice-présidente du PiS (parti conservateur droit et justice, majoritaire au Parlement) en 2010.
Dalia Grybauskaité, 60 ans (Lituanie)
La première femme présidente de la République de Lituanie, élue en 2009, est fille d’électricien, célibataire et indépendante de tout parti. Elle a été vice-ministre des Finances (1999 à 2000), vice-ministre des Affaires étrangères (2000 à 2001), ministre des Finances (2001 à 2004) avant d’être nommée, en 2004, commissaire de la Commission européenne chargée de la programmation financière et du budget.
Marie-Louise Coleiro Preca, 58 ans (Malte)
Membre du Parti travailliste, présidente de la République de Malte depuis le 1er avril 2014, elle est la deuxième femme à occuper ce poste dans son pays.
Erna Solberg, 55 ans (Norvège)
Officiellement nomméePremière ministre de la Norvège, le 16 octobre 2013, par le roi Harald V, elle avait été élueprésidente du Parti conservateur norvégien (Høyre) en 2004. Membre du Parlement depuis 1989, elle avait ensuite été ministre chargée des Affaires locales et du Développement régional.
Asie : Cinq dirigeantes sur 50 pays
Tsai Ing-wen, 59 ans (Taïwan)
Quatre mois après sa victoire à l’élection présidentielle taïwanaise, le 16 janvier 2016, avocate et membre du Parti démocrate progressiste, elle est devenue, le vendredi 20 mai 2016, la première présidente de Taïwan. Elle a promis de "rendre à l’île sa fierté", sur fond de nouvelles tensions avec la Chine.
Bidhya Devi Bhandari, 55 ans (Népal)
Militante féministe népalaise, membre du Parti communiste du Népal, elle est la première femme présidente de la République de son pays, l’un des plus pauvres de la planète, depuis le 29 octobre 2015. Elle compte 30 ans de vie politique à son actif.
Aung San Suu Kyi, 71 ans (Birmanie)
Après sa très large victoire aux élections législatives de 2015 à la tête de la Ligue nationale pour la démocratie, l’ancienne figure iconique de l’opposition à la junte militaire birmane, prix Nobel de la paix en 1991, a été nommée, en avril 2016, ministre des Affaires étrangères, conseillère spéciale de l’État et porte-parole de la Présidence de la République de l’Union de Birmanie. Empêchée de devenir présidente pour des raisons constitutionnelles, Aung San Suu Kyi, qui a placé à ce poste Htin Kyaw, est de facto la cheffe du gouvernement de son pays.
Park Geun-hye, 64 ans (Corée du Sud)
Première femme présidente de Corée du Sud depuis le 25 février 2013, la fille de l’ancien dictateur militaire Park Chung-hee, qui resta à la tête du pays pendant 18 ans, a été élue présidente de la République en décembre 2012, après avoir été députée à l’Assemblée nationale sud-coréenne de 1998 à 2012.
Sheikh Hasina Wajed, 69 ans (Bangladesh)
Première ministre du Bangladesh de 1996 à 2001, elle exerce actuellement son second mandat depuis janvier 2009, après avoir gagné les élections générales en 2008. Fille du premier président de la République, tué lors du coup d’Etat de 1975, elle préside la Ligue Awami depuis 1981.
Amérique : Trois dirigeantes sur 35 pays
Michelle Bachelet, 65 ans (Chili)
Première femme présidente de la République du Chili de 2006 à 2010, elle occupe de nouveau ce poste depuis le 11 mars 2014. Incarcérée et torturée durant la dictature du général Pinochet, membre du Parti socialiste, ministre de la Santé, puis de la Défense dans les gouvernements de Ricardo Lagos, elle a présidé l’Union des Nations sud-américaines de 2008 à 2009. A la tête de l’ONU Femmes de 2010 à 2013, elle a figuré dans la liste des femmes les plus puissantes au monde du magazine Forbes, en 2006 et 2007.
Isabel de Saint Malo, 48 ans (Panama)
Diplomate de formation, elle estvice-présidente de la République du Panama et ministre des Affaires étrangères depuis le 1er juillet 2014, sous la présidence de Juan Carlos Varela.
Margarita Cedeño de Fernández, 51 ans (République Dominicaine)
Avocate de profession, l’actuelle vice-présidente de la République Dominicaine, élue aux côtés de Danilo Medina, le 20 mai 2012, est l’épouse de l’ancien président Leonel Fernández. Elle est la deuxième femme à occuper ce poste dans son pays, après Milagros Ortiz Bosch.
Afrique : Quatre dirigeantes sur 54 pays
Ameenah Gurib-Fakim, 57 ans (Maurice)
Ecologiste et biologiste de formation, l’ancienne scientifique de confession musulmane est présidente de la République de Maurice depuis le 5 juin 2015. Elue à l’unanimité par le Parlement de cette petite République (1,2 million d’habitants), elle est aussi la première femme à occuper cette fonction dans l’histoire de son pays. Le magazine américain Forbes la classe parmi les cent femmes les plus puissantes au monde.
Ellen Johnson Sirleaf, 78 ans (Libéria)
Présidente du Liberia du 16 janvier 2006 au 22 janvier 2018, cette ancienne économiste a étéla première femme élue au suffrage universel à la tête d’un Etat africain, sorti de 14 ans de guerres civiles. Co-récipiendaire du prix Nobel de la paix 2011 avec sa compatriote Leymah Gbowee et la Yéménite Tawakkul Karman pour leur "lutte non-violente pour la sécurité des femmes et leurs droits à une participation entière dans la construction de la paix", son mandat a été reconduit la même année.
Saara Kuugongelwa-Amadhila, 49 ans (Namibie)
Première ministre depuis le 21 mars 2015, elle est la première femme chef d’un gouvernement en Namibie.
Inonge Wina, 75 ans (Zambie)
Vice-présidente de la République de Zambie depuis le 26 janvier 2015, elle est la première femme à occuper cette fonction dans ce pays.
Océanie, une seule dirigeante sur 16 pays
Hilda Heine, 65 ans (Îles Marshall)
Présidente de la République des Îles Marshall depuis le 28 janvier 2016, est la première femme élue à la tête du pays et la première femme présidente d’un État océanien.